Les apiculteurs de la Loire en ont assez de voir mourir leurs abeilles

Les apiculteurs estiment « ne pas être aidés par les pouvoirs publics qui ne prennent pas en compte le contexte de crise de la filière apicole et qui ne reconnaissent pas leur savoir-faire dans la gestion sanitaire de leur cheptel ».

La Confédération paysanne a réuni une dizaine d’apiculteurs de la Loire à Chazelles-sur-Lavieu, dans les monts du Forez, chez Olivier Gachet.  Photo Frédéric PAILLAS

La Confédération paysanne a réuni une dizaine d’apiculteurs de la Loire à Chazelles-sur-Lavieu, dans les monts du Forez, chez Olivier Gachet. Photo Frédéric PAILLAS

Ils n’en peuvent plus, les apiculteurs, de voir partir leurs abeilles butiner et ne jamais revenir ; de voir les prairies fauchées avant même qu’elles n’aient eu le temps de fleurir ; de voir ces tonnes de pesticides déversés sur les cultures qui réduisent à néant leurs productions. Mercredi, la Confédération paysanne a réuni une dizaine d’apiculteurs de la Loire à Chazelles-sur-Lavieu, dans les monts du Forez, chez Olivier Gachet. Un coin de nature encore protégé, pourrait-on croire. Mais lui et les autres sont à bout. Car leurs efforts ne paient plus depuis longtemps. « Il y a trente ans, on avait 5 % de mortalité. Aujourd’hui, on arrive à 70 % et même 80 % de perte dans nos ruches », explique l’un d’eux. Tous montrent du doigt les produits épandus dans les champs.

Peu nombreux avec une production réduite, les apiculteurs ne font guère le poids face aux pouvoirs publics. Mais ils ont dans leur camp les consommateurs avertis qui savent qu’eux, et eux seuls, sont capables de produire un miel de grande qualité. « Avant d’acheter du miel dans la grande distribution, il faut lire les étiquettes », explique Jean-Paul Suc de Saint-Régis-du-Coin. « S’il est écrit Hors union européenne, alors il faut tout de suite le reposer car on n’a aucune idée de la provenance. » « Et le prix est bien un indicateur », précise Fabrice Pons de Luriecq. Le miel en vrac chinois à l’importation est vendu 1,64 € le kg ; le miel européen à 3,78 € et le miel français à 7 €. Et quand on sait que la moitié de ces importations viennent de Chine, du Mexique et d’Ukraine, cela donne à réfléchir sur la qualité des produits. Sans compter que le miel chinois transite aussi par l’Espagne, avant d’être réexpédié en France !

Les apiculteurs ont les abeilles : l’expression n’est pas trop forte ! Certes, il y a eu des avancées, comme l’interdiction des néonicotinoïdes dans le cadre de la loi Biodiversité de 2016, « mais cela reste largement insuffisant face à toutes les menaces », estime Laurent Pinatel, le porte-parole national de la Confédération paysanne. D’autant plus exaspérés que les aides de la PAC (Politique agricole commune) et les mesures agro-environnementales 2015 de 21 euros par ruches, n’ont toujours pas été versées. « Et ils appellent ça des avances de trésorerie », lance Gilles Souvignet, installé à Estivareilles…

Source :  le journal de Saône et Loire







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