« Il y aura beaucoup de théorie et un peu de pratique pour cette bien nommée visite de printemps ! » lançait ce samedi après-midi le président du syndicat apicole l’Abeille vosgienne. De fait, cette visite n’était pas si bien nommée au vu de la météo et la partie théorique vécue bien au chaud dans le local de la tranchée de Docelles aura été bien plus longue que la visite dans les ruches pédagogiques attenantes.

Les piqués d’apiculture (ils étaient une bonne trentaine à avoir répondu à l’invitation) ne sont pas frileux. Mais les abeilles, si. Elles sont en tout cas sensibles aux basses températures et à la bise.

« Pour entrer dans une ruche, mieux vaut attendre qu’il fasse au minimum 18 °C. Sinon, on refroidit le couvain. On ne va pas faire subir ça aux bébés abeilles. Il y a déjà assez de soucis comme ça, pas la peine d’en rajouter. »

L’état du cheptel

On parle effectivement de plus en plus d’une espèce en danger. Pesticides, réchauffement climatique, pollution… On peut naturellement se faire une idée des ennemis de nos petites amies. « C’est multifactoriel », sourit en coin Christian Morel, qui estime à environ 25 % le taux de mortalité actuel dans le « cheptel » ; cela dépendant des secteurs.

L’ombre du frelon

Comme chacun sait, les abeilles européennes ont, depuis quelques années, un nouvel ennemi redoutable : le frelon asiatique. Arrivé par le port de Marseille, ce serial killer progresse inexorablement vers le nord. Les apiculteurs vosgiens tendent le dos mais ne se bercent pas d’illusions. « Il n’y a pas encore de présence constatée dans les Vosges mais il y en a désormais en Meurthe-et-Moselle et en Alsace. Il n’y a pas de raison pour que les frelons asiatiques connaissent les frontières départementales. Comme autrefois le nuage de Tchernobyl… »

Le plein de miel ?

La récolte de miel 2017 sera-t-elle bonne ? Cette visite de printemps est un peu l’occasion de prendre la température, en observant l’état des couvains et celui des réserves.

Selon les apiculteurs présents ce samedi, il est trop tôt pour faire des pronostics. Si la saison était d’ores et déjà foutue, ça se verrait. Mais rien ne dit qu’elle sera bonne. C’est paradoxalement sous la pluie qu’on nous a expliqué que ce début de printemps est trop sec, notamment du fait du vent. « Si les plantes ne produisent pas de nectar, les abeilles produiront peu de miel. » CQFD.

Source : Vosges matin