Saint-Malo. Les abeilles font le mur

 

Charles Julien et Daniel Throuet disséminent leurs ruches en milieu urbain, chez des particuliers et même à la maison d'arrêt de Saint-Malo.

Charles Julien et Daniel Throuet disséminent leurs ruches en milieu urbain, chez des particuliers et même à la maison d’arrêt de Saint-Malo.

Il y a quelques jours, dans une propriété familiale de Saint-Servan (35), dans le jardin d’un restaurant malouin des bords de Rance et sur le parc technopolitain de Saint-Malo. Ce lundi, à la maison d’arrêt. Tous les terrains sont bons pour implanter des ruches et permettre aux abeilles de faire leur miel.

Charles Julien, apiculteur depuis trois générations, a l’oeil. Il a repéré des troènes, des tilleuls, la plante la plus mellifère et des châtaigniers dans le « Grand Jardin », la belle propriété familiale de Gérard Lecocq où s’élève une gentilhommière de 1760. « Dans les années 1960, quand j’étais gamin, se souvient le Servannais, il y avait déjà une dizaine de ruches ». C’est comme cela qu’il a eu l’idée de perpétuer la tradition en faisant appel à l’apiculteur installé à Cancale (35) depuis une dizaine d’années.

 

90.000 abeilles par ruche


Accompagné de son collaborateur Daniel Throuet, l’apiculteur a placé deux ruches dans un coin de jardin à 1 m d’un mur. À l’intérieur de chaque ruche, 90.000 abeilles qu’on a un peu enfumées pour qu’elles se tiennent à carreau. « Il n’y a pas de danger, prévient l’apiculteur. Il faut les laisser tranquilles pendant deux heures. Regardez ! Les éclaireurs commencent à sortir. Ensuite, elles se familiariseront avec l’endroit et butineront les plantes sur un périmètre de 3 km, jusqu’au parc de La Briantais et sur les bords de Rance. Les abeilles ne sont pas méchantes ». Il n’empêche que pour l’installation des ruches, les deux hommes se sont harnachés avec combinaisons blanches, gants et cagoules.

Sentinelles de l’environnement


Aujourd’hui chez un particulier, l’autre jour, c’était chez un maître-restaurateur malouin. À La Corderie, sur les bords de Rance. « On a placé deux ruches. Ça se passe très bien, témoigne Denis Gerbert, le propriétaire des lieux. On n’a aucune gêne et pas de problèmes avec le voisinage. On a même vu revenir des papillons. On a récolté 60 kg de miel l’an dernier ». Un miel qui intervient dans la composition de nouveaux plats proposés aux clients du restaurant.

Confrontées à la pollution, les abeilles connaissent une forte mortalité. « L’abeille est une sentinelle de l’environnement, un témoin », insiste Charles Julien, qui se désole aussi de la raréfaction des hannetons ou des libellules. « Sans mortalité, on viendrait deux fois moins vérifier les ruches alors que maintenant, c’est tous les mois », peste l’apiculteur, heureux cependant d’essaimer son amour des abeilles auprès de particuliers.

Nouvelle étape : la dépose, hier, de cinq ou six ruches au coeur de la prison de Saint-Malo. « Voir les abeilles faire le mur, c’est un joli symbole de liberté », s’amuse Charles Julien.

Source : le télégramme

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