Ma ruche a le blues

Depuis quatre ans, les abeilles de notre reporter apiculteur ont le bourdon. Explications.

 



Les ruches colorées de Jean-Michel Normand, dans le Gâtinais.

Les années présidentielles ne réussissent jamais à mes abeilles. En 2007, l’élection de Nicolas Sarkozy est une année blanche. Pas un gramme de miel dans les hausses, et une ruche qui meurt à l’automne. Cinq ans plus tard, l’avènement de François Hollande provoque l’effondrement d’une colonie. Cette année, Macron ne fait pas exception. Les promesses d’un printemps ensoleillé ont fait long feu. La récolte estivale est très moyenne et l’on déplore deux essaims passés de vie à trépas – une première.

Gelées, canicules, frelons asiatiques et fausse teigneDepuis quelque temps, c’est un peu comme si toutes les années étaient présidentielles. Les abeilles de mon coin du Gâtinais, à l’est du Loiret, ne sont pas à la fête. Leurs malheurs sont consignés dans un petit cahier d’écolier où s’inscrit la vie quotidienne du rucher. Il y est question d’hiver trop doux, de printemps froid, de gelée assassine en avril, de canicule traîtresse en juin (comme tout agriculteur, l’apiculteur nourrit une insatisfaction ontologique à propos du temps qu’il fait) ou de débarquement des premières escadrilles de frelons asiatiques. En quatre ans, autant de ruches désertées, parfois retrouvées grouillantes de larves de fausse teigne (un papillon de nuit qui endommage les cadres). L’élevage d’Apis mellifera est certes une école d’humilité par excellence, mais il semble bien que les temps soient devenus difficiles pour les avettes, comme les appellent les vieux apiculteurs. Mes statistiques personnelles (19 % de colonies perdues sur quinze ans) sont en phase avec ce qu’observent les professionnels de la région.

Pesticides et ressources réduitesLe Gâtinais, région de grandes cultures à l’est de la Beauce qui peut réserver quelques surprises (une année, on récolta une pleine hausse d’un assez bon miel… d’oignon), se déploie sur des étendues immenses, faiblement boisées. Haies et bosquets qui offraient nectars et pollens bienvenus entre deux grandes récoltes…


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