Louveciennes fait son miel de ses abeilles

Daniel Boubel, apiculteur de Louveciennes, s’occupe des ruches installées au jardin de Gally.
 



 
 
 

La ville a reçu « 3 abeilles » par le label Apicité, qui la classe parmi les trois communes de France où l’on s’occupe le mieux des abeilles.

Inutile de les chercher en plein hiver, elles ne sortent que quand le thermomètre repasse au-dessus de 8 degrés. Dans chacune des ruches de Louveciennes, près de 5 000 abeilles s’agglutinent autour de leur reine pour lui tenir chaud. À 35 degrés précisément. « L’été elles sont plus de 60 000. Mais elles meurent plus vite car elles travaillent comme des damnées », indique Daniel Boubel, l’apiculteur qui officie avec son épouse Magali sur des terrains mis à disposition par la commune. Le couple produit une centaine de kilos de miel par an, et en cède gracieusement une vingtaine à la ville. Pendant la période hivernale, si les abeilles se nourrissent de ce qu’elles ont accumulé les autres mois de l’année, Daniel Boubel a quand même prévu un sac de 200 kg de sucre en cas d’épuisement des stocks.

Il faut dire qu’à Louveciennes, au jardin de Gally où les ruches sont situées, les petits insectes producteurs de miel vivent dans des conditions idéales. La ville vient en effet de recevoir « 3 abeilles » par le label Apicité. La plus haute distinction que seules trois communes de France – avec Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) et Orcival (Puy-de-Dôme) – ont reçu cette année. Pour obtenir le label, l’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) retient cinq axes : le développement durable, la gestion des espaces verts, la biodiversité, l’apiculture et la sensibilisation de la population.

Cela fait maintenant quelques années que Louveciennes suit cette voie-là. « La ville s’est engagée depuis 2007 dans un processus de diminution des produits phytosanitaires afin de préserver l’environnement, les ressources en eau mais aussi la santé des agents et des concitoyens, indique Philippe Bouniol, responsable des espaces verts. En 2017, nous sommes passés sur un objectif zéro phyto. » La ville a même décidé d’arrêter les traitements à base végétale et d’acide acétique, préférant utiliser une brosse mécanique.

« Une démarche globale de préservation de notre patrimoine naturel »

« Même si ces produits sont considérés sans toxicité, nous avons décidé de nous en passer pour éviter un impact sur les insectes », précise Philippe Bougnol. La ville a également installé ses hôtels à insectes à côté desquels ont été installés des mélanges de plantes pollinisateurs.

« L’idée est d’avoir des insectes qui nous débarrassent des parasites. Cela permet de défendre les fleurs mellifères, qui produisent beaucoup de pollen et dans lesquelles viennent se nourrir les abeilles ». La municipalité veille aussi à faucher ses fleurs le plus tardivement possible, toujours dans l’objectif de sustenter ces insectes.

« Aujourd’hui, les abeilles sont de plus en plus en danger à cause des produits, du climat et du manque de diversité de la flore. C’est encourageant de voir une commune se mobiliser de la sorte », se félicite Daniel Boubel.

« Ça s’inscrit dans une démarche globale de préservation de notre patrimoine naturel, affirme la municipalité qui s’est dite satisfaite de l’obtention du label. Cela récompense le travail effectué par nos apiculteurs, et l’équipe des espaces verts qui a dû apprendre des nouvelles façons de travailler plus responsables mais aussi plus exigeantes ».


Source : http://www.leparisien.fr/louveciennes-78430/louveciennes-fait-son-miel-de-ses-abeilles-12-12-2017-7448160.php

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