VIDEO. « Quand l’abeille va mal, l’homme va mal, inévitablement », affirme l’un des premiers apiculteurs lanceurs d’alerte

 

Frank Alétru, président du Syndicat national de l’apiculture, s’est élevé il y a déjà de nombreuses années contre l’emploi des pesticides tueurs d’abeilles. Et il continue « pour la sauvegarde de l’humanité » car « un tiers de notre alimentation dépend directement de la pollinisation des abeilles »… Extrait de « 13h15 le dimanche » du 14 janvier.

 

A la fin des années 1990, ils sont des milliers à constater la mort brutale de leurs colonies dans toute la France. A l’époque, Frank fait partie des premiers lanceurs d’alerte. Pour lui, aucun doute, cette hécatombe est due aux nouveaux insecticides mis sur le marché, les néonicotinoïdes. « Des ruches sorties des forêts de châtaigniers parfaitement saines, qui ont produit tout a fait normalement, vont perdre à peu près le tiers de leur population, toutes leurs butineuses, au bout de quatre à cinq jours de butinage sur les tournesols traités », expliquait-il déjà à la télévision.



Une chute drastique de la production !

Frank prend alors la tête de la contestation contre l’emploi de ces substances chimiques commercialisées sous le nom de Gaucho, Cruiser, Regent… Après plusieurs années de lutte, les apiculteurs obtiennent l’interdiction de l’emploi des néonicotinoïdes sur les cultures à fleurs… mais ils restent autorisés sur les autres. Comme tous ses confrères, il a vu sa production chuter de façon drastique. En France, le rendement moyen annuel est aujourd’hui de vingt kilos par ruche, contre quatre-vingts avant l’arrivée des néonicotinoïdes.

« Soit je fermais l’entreprise, soit on essayait de dénoncer le coupable. Je n’avais pas d’autre choix que de m’engager, explique le président du Syndicat national d’apiculture. Pour la sauvegarde de l’humanité : un tiers de notre alimentation dépend directement de la pollinisation des abeilles et 82% de la flore dépend de celle des insectes. Quand l’abeille va mal, l’homme va mal, inévitablement. Il fallait le dire pour sauver nos entreprises et nourrir nos familles, mais dire surtout qu’on va droit dans le mur. On continuait de distribuer ces produits en sachant qu’on semait la mort dans les champs. La mort des insectes et celle inévitable, à un moment donné, de l’homme. Et ça, il fallait absolument qu’on le dénonce. »



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