Jérémy Chaillou rayonne quand il parle du comportement animal. Pour autant, ses ruchettes, il ne tient pas à se les faire voler. En général, il ne divulgue pas leur emplacement.

Granzay. Cet apiculteur qui débute n’a produit que 150 kg de miel l’an dernier. Avec le microcrédit de l’Adie, il pense arriver à plus d’une tonne cette saison.

Vingt-cinq ans, formé chez les Compagnons du Devoir à La Rochelle et installé depuis deux ans dans sa commune natale de Granzay comme apiculteur, Jérémy Chaillou avait besoin d’un coup de pouce. C’est avec l’association Adie qu’il vient de dégoter un prêt de 5.000 € remboursables sur trois ans à un taux supérieur au marché bancaire habituel certes ! Mais c’est l’avantage du microcrédit : on s’intéresse à l’homme et sa place dans la société, avant le volume d’affaires et des objectifs macroéconomiques à réaliser.
Cette somme lui a servi à investir dans le bois, sa profession de base, avec lequel il a construit de nouvelles ruchettes.
“ Je n’avais pas trop de sous ” En apiculture, c’est pire qu’ailleurs, il faut s’adapter à grande vitesse. Avec cinquante ruches et ruchettes désormais, celui qui n’a produit que 150 kg de miel l’an dernier pense pouvoir très vite en produire une à deux tonnes. Il entretient maintenant de nouvelles petites colonies d’ouvrières avec leur reine. « Il faut pouvoir remplacer celles qui disparaissent l’hiver. » La mortalité, on le sait, est importante. « Et puis c’est comme chez les hommes, les bourdons sont de moins en moins fertiles », tente d’expliquer Jérémy Chaillou. « Le métier est très technique. Oui c’est bien vrai : les néonicotinoïdes et les pesticides sont les principaux responsables de la mortalité et de ce taux d’infertilité. Avec cet apport financier, je peux envisager les choses différemment. Jusqu’à présent, je n’avais pas trop de sous pour acheter du sirop pour nourrir mes abeilles. C’est comme cela dans la plaine du Niortais : entre colza et tournesol, elles n’ont plus rien à manger. Cette année je devrais transférer mon cheptel, un temps, en Corrèze pour qu’elles nous fassent du miel de châtaignier et de ronce. »
Avec sa rigueur acquise chez les Compagnons du Devoir, son sens de l’observation développé ces dernières années durant lesquelles il a « bourlingué », comme il dit, notamment comme éleveur de chèvres dans les Pyrénées, Jérémy Chaillou possède tout ce qu’il faut pour réussir dans un secteur qui demande de l’adaptation. Les ruchettes par exemple, permettent de développer des colonies petites : ce qui renforce les reines. Point essentiel : Jérémy Chaillou n’a pas peur du travail. Il travaille aussi dans une usine à côté de Granzay qui est au rythme des 2/8.



 
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