Apiculteurs, déclarez (toutes) vos ruches!

Aujourd’hui, dans l’Aube, on estime qu’environ 20 % des ruches ne sont pas déclarées par leurs propriétaires.

Aujourd’hui, dans l’Aube, on estime qu’environ 20 % des ruches ne sont pas déclarées par leurs propriétaires.

L’Aube compte un peu moins de 7 000 ruches. Officiellement. Parce qu’en réalité, on serait plutôt proche de 9 000. « Pour le moment, on n’a pas de démographie apicole de l’Aube », note Daniel Kerlau, le président du Groupement de défense sanitaire apicole de l’Aube (GDSA). Son homologue de l’Association sanitaire apicole auboise (ASAA), Jean-Marie Bouvin, opine. Parce que l’Aube, si elle n’est pas forcément l’autre pays du miel, possède tout de même deux organismes sanitaires reconnus.

C’est le poids de l’histoire, diront pudiquement les deux présidents. Les deux organismes sanitaires, qui existent en parallèle depuis 2004, ont adhéré à la section apicole du Groupement de défense sanitaire de l’Aube (GDS10). Cette section apicole a été créée « sur demande autant de nos financeurs que de la profession elle-même et de l’administration », explique Florence Sezeur, la présidente du GDS10.



Un plan d’action régional pour lutter contre le frelon asiatique

Avec la création de la région Grand Est, la plupart des structures agricoles ont copié l’organisation régionale, notamment pour faciliter l’obtention d’aides et de financements. C’était au tour de l’apiculture. D’autant qu’un plan d’action régional de lutte contre le frelon asiatique a été validé le 21 novembre. Désormais, il faut le décliner au niveau des départements. Et pour cela, il faut commencer par recenser les ruches. Déjà, rappellent les trois responsables en chœur, déclarer ses ruches, toutes ses ruches, c’est obligatoire. On peut le faire par Internet (mesdemarches.agriculture.gouv) ou par déclaration papier (formulaire cerfa 13995-01). Dans l’Aube, la moitié des 2 000 ruches qui manquent au recensement, ce sont justement des ruches non déclarées par des apiculteurs professionnels, qui ne les déclarent parfois pas toutes. L’autre moitié, ce sont des ruches plus ou moins isolées, non déclarées par leurs propriétaires, soit parce qu’ils ne savent pas que cette déclaration est obligatoire, soit parce qu’ils veulent conserver une source de revenus informelle. Cette déclaration des revenus des ruches est d’ailleurs un des grands soucis de la filière apicole, qui a longtemps été soumise au système du forfait collectif agricole. Un bon miel de colza, la culture mellifère la plus courante dans l’Aube, peut être acheté 4,50€ le kilo par un des multiples acheteurs présents dans le département (France miel, Michaux, Apidis, Besacier). Et puis, il faut avouer que la réglementation est parfois tatillonne, estime Jean-Marie Bouvin : « Si je donne un seau de miel à un gars, parce que j’ai utilisé un coin de chez lui pour poser mes ruches, je dois le déclarer… »

« On ne va pas rouspéter contre les agriculteurs, qu’ils nous empoisonnent nos abeilles, et faire pareil ! »

Le plan d’action régional de lutte contre le frelon asiatique ne cherche pas l’éradication de l’espèce. Elle est installée, concèdent les deux apiculteurs présidents. Ce qu’il faut, continuent-ils, c’est parer aux dérives actuelles et « encadrer la destruction des nids par des règles de bonnes pratiques ». Déjà, parce que l’utilisation de biocides pour détruire les nids présente des dangers. « On ne va pas rouspéter contre les agriculteurs, qu’ils nous empoisonnent nos abeilles, et faire pareil ! » s’exclame Jean-Marie Bouvin. Un réseau de sentinelles identifiées, dont les coordonnées doivent être communiquées aux maires aubois dans un courrier, sera instauré. Cette année, on a trouvé 60 nids de frelons asiatiques dans l’Aube. « Mais, selon Daniel Kerlau, ce n’était pas une année très porteuse »….



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