Yvelines. Apiculture : « Arrêtons de faire n’importe quoi avec les abeilles ! »

Antoine Hédouin est l’un des apiculteurs référents dans les Yvelines et en Ile-de-France. Il dénonce des projets d’installation de centaines de ruches dans les Yvelines.

Antoine Hédouin ingénieur diplômé de l'AgroParisTech.
Antoine Hédouin ingénieur diplômé de l’AgroParisTech. Il est originaire de Chambourcy et possède plus d’un millier de ruches comme ici à Orgeval (Yvelines).

Antoine Hédouin, 25 ans, de métier depuis 2003 a eu sa première ruche à l’âge de 7 ans.

Référent dans les Yvelines et même en Ile-de-France, il possède plus d’un millier de ruches dans la région. Originaire de Chambourcy, il a installé ses ruches, entre autres, dans la plaine de Versailles, dans le sud des Yvelines mais aussi dans le Perche ou le pays chartrain (autour de Chartres).

Il est diplômé de l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement, AgroParisTech. Cet ingénieur spécialiste de l’agro-écologie formé par Lionel Garnery, chercheur au CNRS et spécialiste de la génétique des abeilles, dénonce aujourd’hui des projets parfois réalisés d’installations de ruchers dans les Yvelines.

Le risque : augmenter les facteurs de mortalité

« Je vois arriver des personnes en reconversion, parfois sans compétence, qui se disent apiculteurs. Elles veulent installer des centaines de ruches sans études d’impact ni concertation. Elles prônent le zéro traitement, veulent pour certains réintroduire l’abeille noire. Arrêtons de faire n’importe quoi avec les abeilles ! »

Pour Antoine Hédouin, 

Sans traitement du cheptel, notamment contre l’acarien le varroa (lire encadré) ou la loque américaine, la peste des abeilles, on court à la catastrophe. On risque de multiplier les facteurs de mortalité. »

En voulant un minimum de rigueur sanitaire, il défend aussi l’agriculture raisonnée, Antoine démontre finalement sans le dire que la filière de l’apiculture ne dispose pas d’organisme régulateur qui encadre les « nouveaux arrivants » dans l’écosystème des abeilles.

Si on ne traite pas, on risque d’amplifier la contagion et la mort de nombreuses abeilles. Il faut savoir que l’abeille rayonne autour d’une surface de 3 kilomètres à la ronde. Dans nos territoires très denses, l’implantation de dizaines de ruchers peut avoir des conséquences sur l’ensemble des apiculteurs. A terme, ça ne sera plus viable. »

L’abeille, c’est tendance !

Aujourd’hui, c’est un peu le paradoxe. Avec une consommation nationale de miel qui augmente – on est passé de 40 000 à 45 000 tonnes annuelles – et la tendance au retour à la terre et à l’écologie, des citoyens sans grande formation se lancent dans l’apiculture. Entre avoir sa ruche au fond de son jardin qui ne modifie pas l’écosystème et faire installer, avec plus de moyens, des centaines de ruches dans un coin des Yvelines, l’impact n’est évidemment pas le même.

On doit faire des évaluations techniques et sanitaires, poursuit Antoine Hédouin. Et se poser les bonnes questions : est-ce que l’environnement peut ou pas supporter un nouvel apport de ruches ? Il ne s’agit pas d’être sur le terrain d’une concurrence effrénée ou de défendre ses intérêts personnels, comme on pourrait me le reprocher ici, mais c’est de faire en sorte que la multiplication d’abeilles, l’installation massive de ruches ne puissent pas détruire les installations mises en place depuis des années et qui produisent beaucoup de miel de qualité. »

Alerter les Villes, les intercommunalités

Le spécialiste ne veut pas de combat d’arrière-garde entre les professionnels et les amateurs puisqu’ils travaillent de concert avec de nombreux amateurs et échange avec eux. Il dénonce ici ceux qui croient tout savoir sur le monde de l’abeille, à l’issue d’une formation de quelques semaines, en pensant que leur arrivée n’aura pas d’incidence sur le territoire yvelinois.

En tirant la sonnette d’alarme, le jeune diplômé qui n’est pas un débutant, tend la main au Villes, aux intercommunalités qui parfois en voulant surfer sur un greenwashing ambiant – l’apiculture, l’écologie c’est tendance donc c’est un argument électoral – signent des projets totalement fous qui sont contraires à l’écologie et aux grands équilibres naturels.



en savoir plus https://actu.fr/ile-de-france/orgeval_78466/yvelines-apiculture-arretons-faire-nimporte-avec-abeilles_30915594.html

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