«Bee Simulator» : un jeu vidéo sur les abeilles qui sensibilise à l’écologie

Les préoccupations environnementales s’invitent de plus en plus dans les simulations, à l’instar de « Bee Simulator », qui permet de sensibiliser aux menaces qui pèsent sur les abeilles.

 Conçu avec l’aide d’apiculteurs, Bee Simulator vous met dans la peau d’une abeille à Honey Park, large espace végétalisé inspiré de l’architecture de Central Park, à New York.
Conçu avec l’aide d’apiculteurs, Bee Simulator vous met dans la peau d’une abeille à Honey Park, large espace végétalisé inspiré de l’architecture de Central Park, à New York. 

Ecolo le jeu vidéo ? Pas franchement, à lire les résultats du rapport publié fin 2018 par les chercheurs américains du Lawrence Berkeley National Laboratory. À l’échelle mondiale, l’activité des amateurs de consoles et de PC consomme quelque 75 térawatt-heures d’électricité par an, soit l’équivalent de 25 centrales thermiques ou 10 réacteurs nucléaires.

Gourmand en énergie côté pile, le jeu vidéo peut aussi se montrer vert côté face et faire vibrer la corde environnementale de ses adeptes. À l’instar de « Bee Simulator », disponible sur PC, Xbox One, PS4, et Nintendo Switch et vendu à partir de ce jeudi (40 euros), dans lequel on peut s’envoler et vivre la vie quotidienne d’une abeille. Atypique, ce jeu imaginé par le studio polonais Varsav que nous avons pu tester en avant-première est une aventure poétique qui peut déconcerter au premier abord.

Public familial

Nous voici à Honey Park, un large espace végétalisé inspiré de l’architecture de Central Park à New York (USA). Nos yeux sont ceux d’une petite abeille qui, logiquement, devra d’abord récolter le pollen des fleurs environnantes afin de contribuer à la vie collective de sa ruche. Très facile à prendre en mains et donc adapté à un public familial, « Bee Simulator » se laisse apprivoiser tranquillement. On profite d’ailleurs des premiers niveaux pour se familiariser avec le système de vol et les techniques de récolte de pollen, mais aussi pour apprécier l’environnement graphique ultra-coloré et quelques détails techniques promettant d’être au plus près de ce qu’expérimente une abeille dans sa vraie vie.

« Nous avons par exemple poussé le réalisme jusqu’à permettre de voir comme les abeilles le font, explique Mathilde Philippe, chef de produit chez Bigben Interactive, la société qui distribue le jeu en France. Elles ont en effet une vision différente de la nôtre, capable de détecter les longueurs d’onde dans l’ultraviolet, le bleu et le vert, et ainsi repérer les fleurs les plus intéressantes à polliniser. »

Une espèce indispensable

« Bee Simulator » ne s’arrête pas là. L’aventure est aussi, sans que l’on s’en rende compte de façon directe, éducative. Car il s’agit, pour l’abeille, de survivre, et l’objectif des créateurs du jeu est aussi celui d’alerter le grand public sur les menaces qui pèsent sur l’espèce. Entre les prédateurs naturels dont il faut s’éloigner ou contre lesquels il faut se battre (guêpes, frelons, araignées, petits rongeurs…) mais aussi et surtout les activités humaines, la stratégie fait mouche.

Le déclin des populations d’abeilles en Europe et aux Etats-Unis est une réalité documentée depuis 1995. Alors que 3 % à 5 % des abeilles mouraient au sortir de l’hiver, ce chiffre est monté à 30 % en une vingtaine d’années, souligne l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française). Non sans conséquence pour les humains car un tiers de notre alimentation dépend de leur action pollinisatrice.

Selon José Graziano da Silva, directeur général de l’Agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), « l’absence d’abeilles et d’autres pollinisateurs » qui participent, avec la pollinisation, à la fécondation et donc à la reproduction des plantes, « reviendrait à anéantir les cultures de café, pommes, amandes, tomates ou cacao » notamment.

Une vraie valeur pédagogique

« On fait vraiment tout comme une abeille dans sa vie de tous les jours, s’enthousiasme Clément, 11 ans, pourtant adepte de jeux d’action comme Fortnite ou de l’univers Marvel. On comprend mieux ce qui est important pour elle, ce qui peut la menacer et comment elle doit s’y prendre pour préserver sa ruche. »

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